Mots du libraire

  • Maudite anne´e 1798 pour la Pa^queline ! D'abord le proce`s de son fils Victor, qui lui vaut une re´putation ignominieuse. Et maintenant l'incendie de sa maison ! Re´fugie´e chez son rejeton, qui a fait fortune de son me´tier d'embaumeur et de trafics d'organes, exaspe´re´e, elle accouche d'une ide´e diabolique : elle va lui jeter au visage les secrets dramatiques de son enfance, en couvrant les murs de ses e´critures. Et ira jusqu'a` le de´pouiller de ses richesses...
    Mais quelle est cette femme, qui suscite le de´gou^t autant que l'e´clat de rire et l'e´motion ? Et quel est donc ce roman extraordinaire, qui marie finesse et outrance, me´chancete´ et tendresse, e´rudition et imagination - jusqu'a` l'apothe´ose finale ? Un chef-d'oeuvre e´tonnant et dro^le, qui porte la patte d'un tre`s grand e´crivain, assure´ment.

    Apre`s le succe`s de L'Embaumeur, prix Saint-Maur en poche et prix de la ville de Bayeux, Isabelle Duquesnoy nous livre le portrait d'une me`re abominable, qu'on se surprendra e´trangement a` aimer, e´crit dans une langue e´poustouflante, entre pre´ciosite´ du XVIIIe sie`cle et de´mesure rabelaisienne. Un e´crivain inclassable et majeur de ce de´but du XXIe sie`cle.

    Le mot du lecteur

    La Pâqueline, née en 1772 nous raconte son histoire au présent, en 1798 et au passé qu’elle prend le soin d’écrire sur les murs de l’appartement de son fils Victor en prison pour un abus sexuel commis dans le cadre de son métier d’embaumeur. Après une enfance mouvementée auprès de sa mère « Aphrodite » pour son activité de prostituée et « Jeannette » dans le civil, elle vit avec son ange gardien Johann Renard et son fils Victor. Son histoire passée a déterminé un présent monstrueux décrit par l’auteure avec une verve jubilatoire aux accents rabelaisiens. De nombreux clins d’œil sur le vocabulaire culinaire, historique et populaire de l’époque parsèment agréablement le texte et sont la preuve d’un soin particulier apporté par Isabelle Duquesnoy au contexte de sa narration. Un très grand moment de lecture !

    Frédéric

  • Paris, mille vies

    Laurent Gaudé

    Guidé par une ombre errante, l'écrivain-narrateur déambule de nuit dans un Paris étrangement vide, se remémorant des scènes proches ou lointaines, des existences anonymes ou fameuses, des personnalités tutélaires (Villon, Hugo, Artaud...). Mille vies l'ont précédé dans cette ville qui l'a vu naître et mettre au monde lui-même tant de personnages. Un récit sur la présence des absents, qui mêle l'autofiction au fantastique pour esquisser un art poétique.

    Le mot du lecteur

    Un petit livre avec un grand talent littéraire et poétique que le lecteur déguste avec gourmandise. Paris la nuit, agitation minimum propice au rêve et à la déambulation d’un promeneur solitaire qui, au gré des lieux qu’il arpente, se souvient de faits historiques, de personnages, toutes époques confondues qui l’ont précédé et ont laissé leur empreinte. De François Villon à Victor Hugo et Arthur Rimbaud en passant par la commune, Artaud et la libération de Paris, l’auteur par quelques évocations fugaces mais très bien senties réinvestit les lieux qu’il parcoure de scènes du passé. Superbe évocation de la mémoire d’une ville qui se termine par : “C’est à cause que tout doit finir que tout est si beau.”

    Frédéric

  • Le dernier enfant

    Philippe Besson

    « Elle le détaille tandis qu'il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d'une beauté qui continue de l'époustoufler, de la gonfler d'orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu'elle s'était juré de se l'interdire, qu'elle s'était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu'elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c'est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c'est le dernier matin. » Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d'une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l'horizon inconnu qui s'ouvre devant elle.

    Le mot du lecteur

    Anne-Marie et Patrick sont mariés depuis une trentaine d’année et ont eu trois enfants dont deux ont quitté le foyer familial. Le petit dernier, Théo 18 ans va commencer ses études universitaires et souhaite être autonome en occupant un studio en ville. La narration se déroule sur la journée du déménagement qui nous renseigne sur le passé de la famille et évoque abondamment la déchirure de la rupture que constitue le départ du dernier enfant. Philippe Besson raconte avec subtilité et finesse ce moment charnière difficile à passer pour les parents, et surtout pour la mère Anne-Marie, beaucoup plus impliquée dans les relations quotidiennes avec son fils qui disparaissent brutalement.

    Frédéric

  • Permafrost

    Eva Baltasar

    Pour pouvoir vivre, la narratrice de Permafrost n'a eu d'autre choix que de se protéger des femmes auprès desquelles elle a grandi ; mère, soeur, tante, de leurs obsessions navrantes, de l'hypocrisie familiale et son cortège de mensonges ou de sourires pour entretenir cette idée de l'épouse comblée et de la mère épanouie. Mais derrière l'épaisse cuirasse qu'elle a dû se fabriquer, ne se retrouve-t-elle pas prise comme dans une terre perpétuellement gelée, enfermée avec ses pensées suicidaires ?
    Heureusement il y a les chambres, celles où elle se réfugie dans la lecture passionnée d'autres vies, et celles où elle découvre le corps et les caresses d'amantes fabuleuses.
    S'isoler, s'adonner au plaisir, même non solitaire, ne suffisent cependant pas à apaiser son malaise.
    Pour se libérer, il faut ce récit, écrit comme l'on se parle à soi-même, sans détour et sans craindre ni ce qui paraît immuable ni ce qui serait provisoire. Un corps avec ses sensations, une voix avec ses réminiscences, ses craintes et ses limites, pour enfin se sentir « vivante, vivante comme jamais ».

    Le mot du lecteur

    Frédéric

  • Brèves de solitude

    Sylvie Germain

    Des passants se croisent dans un square, s'observent, se jaugent furtivement. Quelques jours plus tard, forcés à la réclusion, ils se trouvent confrontés à eux-mêmes, à leur vie intérieure et à la part d'inconnu, de vide ou de chaos qu'elle recèle.
    Un soir de pleine lune qui transforme le ciel au-dessus de la ville confinée en un miroir étrange, l'ordinaire des êtres se renverse en extraordinaire et chacun sent sa vie vaciller.
    C'est en remarquable observatrice de ses contemporains que Sylvie Germain nous convie à cette valse mélancolique, éphémère constellation de vivants, où le tragique se mêle à la tendresse et à la dérision, le vertige de l'esseulement à la force de l'amitié.

    Le mot du lecteur

    Quittant, sans doute provisoirement le monde imaginaire et fantastique des contes auxquels nous a habitués l’auteure, elle nous livre ici un coup d’œil pertinent sur l’actualité « coronavirusarienne » qui nous touche, en bousculant notre humanité faite de liens sociaux de rencontres et d’échanges. Dans un square, lieu de rencontres pluri-gérénationnelle un certain nombre d’individus se rencontrent, se regardent, s’observent et on les suit dans leur vie intime impactée par une solitude exacerbée par le confinement. Avec une grande acuité et son talent littéraire habituel, Sylvie Germain parvient à nous émouvoir sur des destins particuliers dans lesquels chacun d’entre nous(peu ou prou) pourra s’identifier.

    Frédéric

  • Les moustiques viennent de la nuit des temps (250 millions d'années), mais ils ne s'attardent pas (durée de vie moyenne : 30 jours). Nombreux (3 564 espèces), installés sur les cinq continents (Groenland inclus), ils tuent volontiers (750 000 morts chaque année).
    Quand ils nous vrombissent à l'oreille, ils ne se contentent pas de pourrir nos nuits, c'est une histoire qu'ils nous racontent : leur point de vue sur la mondialisation. Une histoire planétaire de frontières abolies, de mutations permanentes, de luttes pour survivre. L'histoire, surtout, d'un couple à trois : le moustique, le parasite et sa proie. Pour tenter de nous en débarrasser, allons-nous utiliser les pouvoirs vertigineux que nous offrent les manipulations génétiques ? Avec quels risques ? Deviendrons-nous des apprentis sorciers ?
    Après le coton, l'eau et le papier, je vous emmène faire un nouveau voyage pour tenter de mieux comprendre notre Terre : Guyane, Cambodge, Pékin, Sénégal, Brésil, sans oublier la mythique forêt Zika (Ouganda)... Je vous promets des fièvres !E.O.L'écrivain fait ici preuve d'une curiosité sans cesse en éveil, d'un étonnement permanent. On se régale. Paul Benkimoun, Le Monde science & médecine.Entre le reportage au long cours et le conte. De la science, on glisse avec bonheur dans la fable. Arnaud de La Grange, Le Figaro.Un raconteur de grand talent. Françoise Monier, Lire.

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    Le mot du lecteur

    Les tribulations facétieuses d’un académicien curieux et gourmand de connaissance scientifique le conduise cette fois, sur les traces de l’insecte le plus meurtrier pour l’homme, le moustique. Il tue environ 750 000 personnes par an en propageant le palludisme, la dengue, le zika, la fièvre jaune ……. A la rencontre des spécialistes mondiaux dans les régions infestées, les auteurs nous dévoilent pédagogiquement et avec humour tout ce qui est connu sur les relations moustiques hommes, pourquoi ? Comment ? Quelles solutions sont mises en œuvre pour amoindrir ce fléau, y compris les plus récentes avec les « ciseaux génétiques ». De façon plus générale, il évoque également les relations de l’homme avec les autres espèces et l’importance d’un équilibre harmonieux de la bio-diversité pour éviter l’émergence soudaine de maux nouveaux issus du franchissement des espèces dont la pandémie actuelle est l’illustration la plus convaincante.

    Frédéric

  • 1748. Dans les montagnes enneigées de l'Ouest de la Virginie, un voyageur affamé arrive près d'une cabane isolée. Reathel erre depuis des mois, flanqué d'un dogue féroce. Mais l'entrée lui est refusée par un colon hostile qu'il n'hésite pas à tuer. Il découvre alors à l'intérieur une jeune femme, Della, sur le point d'accoucher. L'enfant naît dans cette solitude glaciale.
    Pourtant, le froid, la faim et l'ourse qui rôde dans les parages ne sont pas les seuls dangers pour la mère et le nouveau-né. Car ce dernier a été promis à la tribu Shawnee : c'est le prix à payer pour que Blacktooth, leur chef, laisse les Blancs du village environnant en paix. Alors que les Shawnees se font de plus en plus impatients, le village envoie deux frères à la poursuite de Della, désormais prête à tout pour sauver son bébé.
    Le Sang ne suffit pas est un roman d'aventures féroce où la certitude de la mort procure une force libératoire mais impitoyable, qui guidera une nation tout entière.

    Le mot du lecteur

    1748, des colons d’horizons divers s’installent en Amérique, les populations autochtones résistent comme elles peuvent et les relations conflictuelles sont fréquentes. Dans cet univers de pionniers, l’auteur nous livre un western impitoyable où les humains, en plus de leurs problèmes de cohabitation sont en permanence confrontés à une nature et un monde animal sauvages avec lesquels ils doivent composer pour survivre. Une ambiance angoissante provoquée par un scénario simple mais diabolique ou évoluent des personnages aux particularités bien tranchées, brutaux et immoraux à souhait accompagne le lecteur du début à la fin. Reathel et Della, les moins frappés d’anomalies pathologiques sont ballottés violemment, leur résilience, mise à rude épreuve parviendra t’elle à les sauver ?

    Frédéric

  • Profanes

    Jeanne Benameur

    Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu'Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu'il n'ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une «équipe». Comme autour d'une table d'opération - mais cette fois-ci, c'est sa propre peau qu'il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre «accompagnateurs» choisis avec soin. Chacun est porteur d'un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.
    Dans le geste ambitieux d'ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d'invisibles liens autour d'indicibles pertes acquiert, dans l'être ensemble, l'élan qu'il faut pour continuer.
    Et dans le frottement de sa vie à d'autres vies, l'ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.
    Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l'inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toutepuissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l'homme en l'homme.

    Le mot du lecteur

    Octave, ancien chirurgien nonagénaire vit seul dans un grande maison avec ses souvenirs. Sa fille Claire est morte dans un accident de voiture et sa femme Anna l’a quitté pour retourner vivre dans son Canada natal. Il décide d’embaucher quatre personnes à divers moments de la journée pour s’occuper de lui, de sa maison et de son jardin fleuri. Marc, Hélène, Yolande et Béatrice ont un accès libre à la propriété et chacun une chambre qu’ils peuvent occuper à leur guise. Ils se succèdent et se croisent pour assurer une présence continue auprès du vieil homme et une routine qui nous fait progressivement connaître la vie et le passé de chacun s’installe. Les personnages dévoilent leurs fêlures et les soignent ensemble grâce à l’alchimie et les liens humains distillés par l’écriture remarquable de l’auteure. Poésie, émotion, intensité des mots et des phrases sont au rendez-vous, comme souvent dans les ouvrages de Jeanne Benameur.

    Fréderic

  • Dans cet opus qui part du constat que l'éducation souffre d'une crise aux multiples causes, Edgar Morin prolonge sa réflexion sur la politique de l'éducation. Il mobilise la compréhension humaine et intellectuelle afin de proposer une véritable réforme de l'apprentissage en vue d'un enseignement repensé, efficient et adapté au monde d'aujourd'hui, pour que, enfin, on «enseigne à vivre».

    Le mot du lecteur

    Dans ce manifeste pour changer l’éducation, Edgar Morin analyse de façon claire les défauts du système éducatif qui ne parvient pas à fournir les éléments nécessaires à une meilleure compréhension intellectuelle et humaine entre les individus. L’élève doit apprendre à apprendre pour vivre en société, les enseignements sont enchâssés dans des catégories isolantes, alors que les enfants ont des aptitudes naturelles à sentir les liens et les solidarités leur permettant de les situer dans leur environnement. L’ensemble des réflexions de l’auteur sont parfaitement justes et compréhensibles par tous, alors, enseignants, élèves, parents d’élèves, concepteurs de programme de l’éducation nationale inspirez vous en pour améliorer notre bien vivre ensemble !

    Frédéric

  • De livre en livre, Ivan Jablonka ouvre des voies nouvelles. Avec une audace et une créativité peu communes, il invente ses sujets et ses formes. Après Laëtitia, après En camping-car, il explore sa « garçonnité » dans les années 1970-1980, s'interrogeant sur le « nous-garçons » et les frontières incertaines entre masculin et féminin.
    De sa famille au service militaire en passant par l'école, il raconte sa formation au fil d'une enquête souvent poignante, parfois drôle - toujours passionnante - où beaucoup pourront se reconnaître. Car cette « autobiographie de genre » dévoile une intimité à la fois individuelle, sociale et politique : l'histoire d'une génération. Avec une honnêteté troublante, Ivan Jablonka analyse le « malaise dans le masculin » qui fut le sien, restituant le vif et l'éclat de l'enfance dans ses enthousiasmes, ses émois et ses peines.

    Le mot du lecteur

    Ivan Jablonka s’interroge sur la masculinité et pour l’explorer, il se penche sur la sienne au travers de son éducation, sa scolarité du berceau à l’université, sa vie d’adolescent et d’adulte au travers des relations qu’il a nouées au fil des ans et des circonstances. Il se livre à une introspection sans concession qui passe néanmoins par le filtre de ses souvenirs et de ce qu’il souhaite démontrer. Cette recherche se situant dans les années 1970 à 2010, restitue l’ambiance d’une époque où la libération des mœurs a changé les relations entre les sexes et où il était difficile d’échapper à l’initiation « alcool-drogue ». Les filières d’excellence qu’emprunte Ivan Jablonka sont bien décrites, et un souffle narcissique se dégage de cette narration autobiographique.

    Frédéric

  • Un petit enfant en ciré jaune roule sur son tricycle sous l'orage. On dirait un soleil miniature. On lui a crié : 'Va au diable !', et il y file, chassé par le vent du malheur.
    Ainsi commence ce roman de Sylvie Germain où l'on voit ensuite une cavalière décapitée revenir sans sa tête, sur sa jument. Et cette tête demeure introuvable, et donc sans sépulture comme l'ont été tous les morts de la famille de Tobie du côté de la branche paternelle. Déborah, l'arrière-grand-mère de l'enfant, a quitté autrefois son village de Pologne pour émigrer en Amérique, mais, refoulée à Ellis Island, elle a fini par s'installer, après bien des détours, au cur du Marais poitevin. Elle a traversé l'Histoire du siècle en perdant la plupart des siens, et se tient auprès de Tobie en gardienne de la mémoire.
    Devenu jeune homme, Tobie se lie d'amitié avec Raphaël et tous deux partent en voyage. Au cours de celui-ci, Tobie fait la connaissance d'un peintre et de sa fille Sarra, aussi belle que maudite...
    Pour raconter cette histoire riche en merveilleux, en émotions, en amour, Sylvie Germain s'est librement inspirée du célèbre récit biblique, le Livre de Tobie.

    Le mot du lecteur

    Déborah, polonaise, arrière grand-mère de Tobie est refoulée à Ellis island lors de sa tentative d’immigration. Elle s’installe dans le marais Poitevin où elle subit une sorte de malédiction qui décime toute sa famille proche et s’étend à Théodore, son petit fils. Tobie, aidé par Raphaël parviendra finalement à interrompre ce mauvais sort, simultanément à celui qui frappe également Sarra. L’auteure s’est inspirée d’un texte de l’ancien testament pour sa trame romanesque et donne libre cours à son imagination poétique avec un grand talent littéraire qui ravit le lecteur.

    Frédéric

  • Depuis la terrible expérience du confinement, les États comme les individus cherchent tous comment se déconfiner, en espérant revenir aussi vite que possible au « monde d'avant » grâce à une « reprise » aussi rapide que possible. Mais il y a une autre façon de tirer les leçons de cette épreuve, en tout cas pour le bénéfice de ceux que l'on pourrait appeler les terrestres. Ceux-là se doutent qu'ils ne se déconfineront pas, d'autant que la crise sanitaire s'encastre dans une autre crise bien plus grave, celle imposée par le Nouveau Régime Climatique. Si nous en étions capables, l'apprentissage du confinement serait une chance à saisir : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir enfin nous envelopper - à défaut de nous développer à l'ancienne ! Où suis-je ? fait assez logiquement suite au livre précédent, Où atterrir ?Comment s'orienter en politique. Après avoir atterri, parfois violemment, il faut bien que les terrestres explorent le sol où ils vont désormais habiter et retrouvent le goût de la liberté et de l'émancipation mais autrement situées. Tel est l'objet de cet essai sous forme de courts chapitres dont chacun explore une figure possible de cette métaphysique du déconfinement à laquelle nous oblige l'étrange époque où nous vivons.

    Le mot du lecteur

    Après s’être demandé où atterrir, Bruno Latour se demande où il est ! Les questionnements sur notre place et notre relation à Gaïa se poursuivent à la lumière de notre confinement Covid, peut-être finalement source positive d’interrogation sur notre devenir. La première partie de l’ouvrage est compréhensible, et on est presque fier de parvenir à suivre l’argumentation de l’auteur, mais cela se gâte ensuite, dés lors qu’une philosophie pure et plus dure s’invite au débat. Impression mitigée qui n’empêche pas d’être conscient et convaincu que les vraies questions sont posées !

    Frédéric

  • Le 1er janvier, Tristan Bernard (1866-1947) entre dans le domaine public et, avec quatre titres, dans la catalogue numérique de la Bibliothèque malgache (collection « Bibliothèque littéraire »).
    Plus connu peut-être pour ses traits d'esprit que pour ses oeuvres, il a lui-même contribué à faire oublier que celles-ci sont pleines de ceux-là.
    Voici l'occasion de le vérifier, et de s'en réjouir.
    Dans Les veillées du chauffeur, on croisait Sherlock Holmes. En suivant l'idée, Tristan Bernard place dans Mathilde et ses mitaines une enquête entre les mains d'une femme qui seconde avec zèle son mari, un vrai policier celui-là. Pour une intrigue assez tirée par les cheveux grâce à une jeune femme recueillie une nuit, en bas de chez lui, par Firmin Remongel, instantanément tombé amoureux de cette brève apparition. Les apaches font du bruit dans les rues de Belleville, le quartier n'est pas très sûr mais il s'y passe des choses encore plus étranges que ne le laissent penser les premiers indices. Pour compléter l'information, il faudra d'ailleurs aller jusqu'au Havre et à Bruxelles.

    Supplément

    Dans la revue de presse, André du Fresnois, peu amateur de romans policiers, s'étonne sur un air guilleret. Et Paul Souday se fait moralisateur.

    Le mot du lecteur

    Paris 1912, Firmin, jeune étudiant originaire de Vesoul se trouve mêlé à une histoire policière après avoir soigné Rose victime d’une agression sur la voie publique. L’inspecteur Gourgeot, également originaire de Vesoul et sa femme Mathilde vont enquêter sur cette affaire à la demande de Firmin. Roman policier au charme désuet où on se déplace aussi bien en fiacre qu’en taxi auto et où sévissent des « apaches » (mauvais garçons de l’époque). L’intrigue fait la part belle à Mathilde, fin limier perspicace qui forme un duo efficace avec mari.

    Frédéric

  • Comme un écrivain qui pense que « toute audace véritable vient de l'intérieur », Leïla Slimani n'aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d'une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d'art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ?

    Autour de cette « impossibilité » d'un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d'elle, de l'enfermement, du mouvement, du voyage, de l'intimité, de l'identité, de l'entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s'enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois.

    C'est une confession discrète, où l'auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c'est une confession pudique, qui n'appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : « Écrire, c'est jouer avec le silence, c'est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle ».

    C'est aussi un livre, intense, éclairé de l'intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l'urgence d'en jouir, la splendeur de l'éphémère. Leila Slimani cite Duras : « Écrire, c'est ça aussi, sans doute, c'est effacer. Remplacer. » Au petit matin, l'auteure, réveillée et consciente, sort de l'édifice comme d'un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.

    Le mot du lecteur

    Comme d’autres auteurs avant elle, Leila Slimani s’est prêtée au jeu d’une nuit passée au musée, à Venise à la pointe de la douane qui abrite une collection d’art de François Pinault. Plus qu’une visite et des commentaires assidus des œuvres, c’est une occasion d’introspection qui nous dévoile la personnalité de l’auteure, ses origines, ses aspirations, ses désirs, et son goût immodéré pour la littérature et l’écriture. Un texte riche et précieux qui permet de comprendre en profondeur le parcours d’une féministe attachante.

    Frédéric

  • Cet essai voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien - et par conséquent dont ils ne voient pas l'immense énergie politique qu'on pourrait tirer de leur rapprochement.
    D'abord la « dérégulation » qui va donner au mot de « globalisation » un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l'entreprise systématique pour nier l'existence de la mutation climatique.
    L'hypothèse est qu'on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l'on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu'il n'y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C'est ce qui expliquerait l'explosion des inégalités, l'étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l'État national.
    Pour contrer une telle politique, il va falloir atterrir quelque part. D'où l'importance de savoir comment s'orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les affects de la vie publique mais aussi ses enjeux.

    Le mot du lecteur

    L’humanité est désorientée, une mondialisation effrénée qui devient insoutenable et le sentiment de plus en plus partagé qu’il va falloir atterrir, retrouver « le terrestre », c’est ce que Bruno Latour nous explique dans cet essai. Les inégalités qui s’accroissent, les privilégiés qui profitent le plus longtemps possible d’un système qu’ils ont établi sans tenir compte des dégâts collatéraux (le climat, les migrations..), le mouvement écologiste, ballotté entre la droite et la gauche ne sait plus ou il habite ! L’auteur, philosophe n’est pas toujours facile à suivre, mais il fait malgré tout un effort de pédagogie qui devrait profiter au plus grand nombre, tellement les enjeux sont importants.

    Frédéric

  • Depuis mai 2017, Bruno Le Maire est ministre de l'Économie et des Finances auprès d'Emmanuel Macron. Acteur des trois premières années du quinquennat, il offre un éclairage unique sur les décisions économiques, industrielles, financières et fiscales qui ont été prises durant cette période. Il en explique les intentions et la cohérence en les confrontant à notre histoire nationale. Il nous donne un accès privilégié à la pratique du pouvoir comme aux événements et crises qui ont marqué ces années. Il fournit aussi des clés de compréhension de la vie politique des grandes nations occidentales, bousculées par la crise de la Covid-19 et par l'émergence de la Chine.
    Dans ce nouveau livre, Bruno Le Maire réaffirme le lien essentiel entre littérature et pouvoir. Il définit les enjeux qui façonneront la France et l'Europe de demain.

    Le mot du lecteur

    Quinquagénaire ambitieux Bruno Lemaire, candidat malheureux aux primaires de la droite en 2017 s’est facilement rallié à Macron avec lequel il partage une vision commune de la politique. A la tête du ministère important de l’économie et des finances depuis 2017, il nous fait partager son expérience et ses points de vue sur l’évolution de la société. Il nous dévoile les coulisses des rencontres au sommet, des négociations difficiles, et nous rend compte de la nécessité de s’adapter rapidement aux évènements impromptus qui surviennent. Les arcanes du pouvoir sont bien décrites par une plume alerte et volontaire.

    Frédéric

  • Borgo vecchio

    Giosuè Calaciura

    « Il les vit tellement seuls au monde, il les reconnut dans le caprice de Dieu et dans la violence sans remède de la nature, prisonniers du rêve sans mystère des enfants du Borgo Vecchio. » Mimmo et Cristofaro sont amis à la vie à la mort. Ils grandissent dans un quartier misérable de Palerme, parmi les parfums de la mer, le marché aux balances truquées et les venelles tortueuses où la police n'ose pas s'aventurer. Le soir, tandis que Cristofaro pleure sous les coups paternels, Mimmo cherche à apercevoir Celeste, qui patiente sur le balcon quand sa mère reçoit des hommes. Tous les trois partagent le même rêve : avoir pour père Totò, voleur insaisissable et héros du Borgo Vecchio. Lui seul possède un pistolet, dont Mimmo voudrait bien se servir pour sauver Cristofaro d'une mort certaine...
    Violence et beauté se mêlent au coeur de ce roman envoûtant, qui nous tient en haleine jusqu'au grand final.

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    Le mot du lecteur

    Lu dans le cadre du prix des libraires Folio Télérama 2021. Un roman très fort dans ses évocations d’une vie dure et immuable dans un quartier pauvre de Palerme, le borgo Vecchio. Violence et beauté se côtoient au fil des pages, les personnages ont un destin écrit d’avance auquel ils semblent ne pas pouvoir échapper, le père ivrogne qui frappe inlassablement son fils Cristofaro tous les soirs, la prostituée Carmella qui écarte sa fille Céleste sur le balcon quand elle officie, le voleur toto qui se forge une réputation usurpée…. Une narration sous forme de conte avec des passages admirables de poésie, comme la description de l’odeur de pain qui se répand dans le village et une présence mafieuse sous-jacente. Un ensemble sombre, mais qui ne laisse pas le lecteur indifférent.

    Frédéric

  • Trois étages

    Eshkol Nevo

    Connaît-on jamais nos voisins ? Dans cet immeuble de Tel-Aviv, rien n'est moins sûr. Pris entre désirs inassouvis et questions de principe, les personnages se débattent avec des luttes internes profondes qui semblent toujours les dépasser. Arnon, ancien militaire, bascule dans l'obsession lorsqu'il échoue à comprendre ce qu'il s'est passé entre sa fille de sept ans et son voisin de palier à la retraite.
    Décidé à percer ce mystère qu'il semble être seul à interroger, il est prêt à tout, même au pire. Pendant ce temps, à l'étage supérieur, Hani, dite "la veuve" , s'ennuie de son mari toujours absent. C'est sans doute pour cela qu'elle ne résiste pas longtemps aux charmes de son beau-frère, un escroc recherché par la police. Au troisième et dernier étage vit Déborah, une juge à la retraite. Isolée depuis la mort de son mari, elle repense à son fils à qui elle ne parle plus depuis plusieurs années.
    Dans un sursaut, elle décide de sortir de son appartement et de se mêler aux mouvements de protestation qui parcourent la ville. Paranoïaques et tourmentés par leur conscience, Arnon, Hani et Déborah se croisent dans cette fresque douce-amère. L'auteur y esquisse le portrait d'une société meurtrie par les affaires politiques et traversée par une profonde crise identitaire.

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    Le mot du lecteur

    Lu dans le cadre du prix des libraires Folio Télérama 2021. A proximité de Tel-Aviv, dans un immeuble bourgeois, trois familles vivant sur trois étages offrent le cadre narratif de trois histoires successives rattachées aux trois niveaux Freudien de l’âme, le çà, le moi et le surmoi. Arnon est confronté à la recherche des causes de la détresse de sa fille Ofri qu’il raconte à un ami écrivain. Hani, femme d’Assaf, trop souvent en voyages d’affaires s’interroge sur le sens de sa vie en rencontrant Eviatar, son beau frère et se confie à son amie Néta. Déborah, juge à la retraite et veuve de Michaël cherche un sens à sa vie et culpabilise sur l’abandon de son fils Adar en confiant ses états d'âme à son défunt mari. Les tourments intérieurs et la psychologie des personnages sont magnifiquement décrits par une grande qualité d’écriture et une superbe construction romanesque qui retient puissamment l’attention du lecteur.

    Frédéric

  • Asymétrie

    Lisa Halliday

    Alors qu'elle lit dans la chaleur d'un parc new-yorkais, Alice est abordée par un homme qui pourrait être son grand-père. Il s'agit d'Ezra Blazer, un écrivain célèbre et respecté, que la jeune femme, qui travaille dans l'édition, reconnaît aussitôt. C'est le début d'une relation charnelle et intellectuelle. Pendant ce temps, à Londres, Amar Jaafari est retenu à l'aéroport alors qu'il tente de rejoindre sa famille en Irak. Le pays a été envahi par les Etats-Unis. Entre deux interrogatoires, les souvenirs d'Amar affluent. Des souvenirs d'enfance ; d'autres, plus récents, dans lesquels le conflit irakien se fait de plus en plus menaçant. Ces deux récits en apparence étrangers l'un à l'autre se révèlent étroitement liés. L'interview musicale et piquante d'Ezra Blazer, qui vient clôturer le roman, fournit la clé de ce puzzle littéraire bouleversant. Avec un humour corrosif, Lisa Halliday étudie dans toute leur complexité les rapports de forces - inégaux - à l'oeuvre à la guerre comme à l'amour.

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    Le mot du lecteur

    Lu dans le cadre du prix des libraires Folio-Télérama 2021. Alice rencontre Ezra Blazer, un écrivain célèbre qui pourrait être son grand-père et n’est pas insensible à son charme et/ou sa notoriété ! L’auteure a eu une relation de cette nature avec l’écrivain Philip Roth et nous décrit cette aventure mêlant une sexualité soft, une amitié solide et bienveillante entre une jeunesse et une vieillesse intellectuellement harmonieuse paraissant satisfaire les deux partis. Une connivence pour les matchs de base-ball les unit et inflige au lecteur non initié des pages indigestes. Sans lien apparent, si ce n’est la période historique de l’intervention des Etats-unis en Irak, une seconde histoire nous permet d’accompagner Amar Jaafari dans ses déboires avec les britanniques qui le bloquent à Londres alors qu’il veut rejoindre son frère en Irak. « L’asymétrie » est vraiment totale et on peut légitimement s’interroger sur la juxtaposition de ces deux histoires sans point commun dans un même ouvrage !

    Frédéric

  • Fauves

    Eric Mercier

    L'amour de l'art justifie-t-il les crimes les plus odieux ?

    Le cadavre d'un riche collectionneur d'art parisien a e´te´ jete´ en pa^ture aux cochons dans une ferme pre`s de Paris. Le commandant Fre´de´ric Vicaux de la brigade criminelle a du pain sur la planche. Ou pluto^t des ventres de porcs sur la table de dissection. Fini les vacances ! Alors qu'il tente de trouver de l'aide aupre`s de son ex-compagne, spe´cialiste en histoire de l'art, l'enque^te va prendre une tournure ine´dite.
    Dans quelles affaires sordides la victime a-t-elle trempe´ pour e^tre aussi sauvagement assassine´e ? Sa fortune cacherait-elle des secrets honteux ? Et sa collection de tableaux fauves, des Matisse, des Vlaminck, des Dufy tous plus pre´cieux les uns que les autres, est-elle vraiment authentique ?
    De galeristes ve´reux en experts corrompus, le commandant Vicaux va plonger dans un milieu de l'art insoupc¸onne´, loin de la lumie`re et du succe`s qui aure´olent les grands mai^tres du fauvisme.

    Le mot du libraire

    Les restes d'un cadavre sont retrouvés dans l'enclos à cochons de la ferme de Vincennes. Le commandant Frédéric Vicaux et son adjointe Lætitia Roux remontent la piste de la victime, un riche marchand d'art parisien. Avec talent Eric Mercier nous plonge dans le monde du marché de l'art, et nous harponne avec une intrigue bien menée par un singulier duo de flics.

    Pascale

  • Le royaume assassiné

    Alexandra Christo

    • De saxus
    • 26 Novembre 2020

    Lira est la sirène la plus dangereuse de l'océan. Elle a déjà pris le coeur de dix-sept princes qui sont tombés sous son charme. Mais un jour, tout bascule lorsqu'elle tue l'une de ses semblables. Pour la punir, sa mère la Reine des Mers transforme Lira en ce qu'elle déteste le plus : une humaine. Elle lui donne alors jusqu'au solstice d'hiver pour lui apporter le coeur du Prince Elian, ou bien elle restera sous cette forme pour l'éternité.

    De son côté, le Prince considère l'océan comme sa vraie demeure, même s'il est l'héritier du plus grand des royaumes. Chasser les sirènes est sa raison d'être. Mais lorsqu'il sauve une jeune femme qui se noie, il est loin de se douter de sa vraie nature... Pour le remercier, elle lui promet de l'aider à trouver le moyen de détruire toutes les sirènes, mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

    Le mot du libraire

    Une sirène meurtrière connue dans le royaume marin et terrestre comme la « tueuse de prince » et un prince ayant décidé de mener une vie de pirate pour devenir un tueur de sirènes. Leurs chemins vont se croiser et nos personnages, avec le célèbre équipage du Saad, un navire pourchassant les sirènes, vont se lancer dans une quête périlleuse. Un roman d’aventure bien loin du conte original de la petite sirène, dans un univers riche et surprenant. Des personnages forts et souvent cruels qui rendent cette réinterpretation sombre et originale. Avec « Le royaume assassiné » on se voit emporté dans une quête haletante en compagnie d’un équipage aux multiples facettes.

    Camille

  • Grands carnivores

    Bertrand Belin

    Dans un monde dominé par la cruauté et la peur vivent deux frères aux ambitions différentes. L'un est un chef d'entreprise cynique. Il n'a d'autre fin que la restauration de ce qu'il appelle « la grandeur du pays ». L'autre est un artiste refusant de se soumettre : il aime, désire, cultive ainsi de vaines activités, néfastes à l'ordre général. La joie de l'un éveille l'irritation de l'autre. Quand un cirque s'installe en ville et qu'un groupe de fauves s'échappe, les habitants ne se préoccupent plus que de leur survie. L'inquiétude se propage avec la rumeur. Qui a peur, à présent, d'être dévoré ? Et par qui ? Le climat de terreur où les fauves ont plongé la population constitue l'occasion formidable de l'apparition d'un discours jusque-là souterrain. Bertrand Belin réussit une étrange fable romanesque, à une époque à la fois lointaine et très proche de la nôtre, où la peur, amplifiée par les discours politiques opportunistes, tient lieu de carburant à l'Histoire.

    Le mot du lecteur

    Lu dans le cadre du prix des libraires Folio Télérama de 2021. Peinture sociétale sous forme de conte où les personnages sont nommés par leur fonction et dont les principaux sont : « le nouveau directeur des entreprises de grosse et petite quincaillerie, boulons, ressorts, roues dentées, rondelles, étaux et clous, myriades de minuscules pièces mécaniques », « le valet de cage », « le peintre », « le fondateur ». Dans un univers un peu glauque, des antagonismes surgissent entre le bourgeois aux idées étriquées (le promu) mais qui détient le pouvoir et son frère artiste (le peintre) qui symbolise la débauche et le superflu. Le valet de cage est le sans grade, ignoré de tous par lequel survient la fuite des grands carnivores et qui culpabilise en étant convaincu qu’il a fait normalement son travail. L’écriture, avec ses phrases longues, voire très (trop) longues rendent difficile la lecture d’un texte pourtant court et la forme qui recherche sans doute l’originalité nuit finalement au fond, pourtant potentiellement attrayant.

    Frédéric

  • «Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt.
    Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre.»

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    Le mot du lecteur

    Adèle, est mariée à Richard, chirurgien passionné par son métier et mère d’un petit Lucien âgé de trois ans. Sa nymphomanie pathologique la contraint à des contorsions difficiles pour cacher cette réalité à son mari qui aspire à quitter Paris pour exercer en province et acquérir une grande maison calme abritant une vie de famille agréable. L’écriture précise, crue et brillante de l’auteure rend bien compte du cheminement psychologique, de la douleur et de la difficulté à vivre cette sexualité débridée, addictive dont on perçoit bien qu’elle constitue un vrai mal de vivre. Ce premier roman contient déjà tout le potentiel littéraire qui ne tardera pas à être récompensé par le Goncourt pour « Chanson Douce », son deuxième roman !

    Frédéric

  • Les abeilles d'hiver

    Norbert Scheuer

    Janvier 1944. Les bombardiers alliés sillonnent sans fin le ciel de l'Eifel, cette région frontalière de l'Allemagne avec la Belgique. Depuis son jardin, l'apiculteur Egidius les observe et pense à son frère, pilote, dont il n'a plus de nouvelles. Tous les matins, Egidius porte un soin amoureux à ses abeilles. L'après-midi, il va à la bibliothèque, où il a entrepris de traduire les écrits d'un moine du XVe siècle racontant le retour dans l'Eifel du coeur de Saint Cusanus, conservé dans du miel. Le soir, il entretient des aventures avec plusieurs femmes du village dont les hommes sont au front. Et la nuit, parfois, il transporte clandestinement des Juifs dans ses ruches jusqu'à la frontière. Écrit sous la forme d'un journal qui s'étend de l'hiver 1944 à l'hiver 1945, «Les Abeilles d'hiver »est tout à la fois un traité poétique d'apiculture, une réflexion sur la nature de la liberté, une absorbante chronique de l'arrière et le portrait touchant d'un homme sans qualité sur le point d'être englouti par la fureur aveugle de l'histoire.

    Le mot du libraire

    Le récit pudique et émouvant d’un « juste » allemand. Egidius Arimond , atteint d’épilepsie depuis son plus jeune âge, est considéré comme un indésirable par le régime nazi. Réfugié dans la maison familiale, il s’occupe avec amour de ses ruches et profite de sa réputation d’homme simple et sans histoire pour aider des juifs à passer la frontière. La biographie romancée d’un apiculteur au courage méconnu en hommage à tous ces héros du quotidien que la grande Histoire oublie trop souvent.

    Laure

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