Mots du libraire

  • Dans une vallée isolée d'Amérique centrale, peu après l'assassinat de leur mère, militante de la cause des indiens lenchuas, trois soeurs se trouvent confrontées à l'édification d'un barrage qui impose à la terre de leurs ancêtres les enjeux politiques et les aléas écosystémiques d'une modernité "verte".

    Le mot du lecteur

    Inspirée par un événement survenu au Honduras en 2016, l’auteure nous offre une histoire qu’elle situe dans les années 2010 dans un pays d’Amérique centrale. Suyapa, militante écologiste de la communauté « lenchua », soupçonnée d’être une entrave à la construction d’un barrage est assassinée. Entre une nécessité économique de croissance avec une ignorance des communautés autochtones et une nature avec sa biodiversité bouleversée, l’érection du barrage, travail colossal de plusieurs années s’effectue. La famille de suyapa, mère, filles et petite fille incarne dans de longues digressions les détails de la construction du barrage et ses dégâts collatéraux. Belle saga familiale attachante mais un peu longue et répétitive sur les descriptions qui la soutiennent.

    Frédéric

  • Dans une enquête inédite sur les terres du spiritisme, l'auteur nous mène de la tombe d'Allan Kardec au culte des âmes du Purgatoire. De Rome à Paris, en passant par le Vietnam et l'Écosse, il interroge les archives et les adeptes de ceux qui refusent de voir la mort comme une inéluctable fin.
    Pourquoi les spectres, les fantômes ou les revenants continuent-ils de passionner ? Comment la science a-t-elle tenté d'enregistrer le son des morts, de photographier les fantômes ou les pensées ? Quel a été le rôle des médiums dans cette communication d'outre-tombe, entre sincérité et escroquerie ? Comment le surnaturel, qui défiait initialement la science, est-il devenu lui-même, au cours du XIXe siècle, un véritable objet d'étude ? Et surtout, à qui profitent les revenants et leurs manifestations ?
    Cette histoire du surnaturel est une invitation à voyager dans l'autre monde, à la rencontre de ceux qui croient aux fantômes, ceux qui réfutent leur existence, et ceux qui cherchent la vérité.

    Le mot du lecteur

    Un essai qui propose entre de nombreuses autres choses un périmètre historique, sociologique et humain du spiritisme. L’auteur nous fournit un panorama très complet de toutes les pratiques tentant de mettre en relation les vivants avec les morts. Une documentation riche et fouillée abondant de références à des textes existants constitue l’ossature érudite de l’ouvrage. La qualité du travail de synthèse effectuée par Philippe Charlier est remarquable et nous éclaire sur la constance des interrogations de l’homme sur ce sujet à travers l’histoire.

    Frédéric

  • Les gens de Smiley

    John Le Carré

    Poussé à enquêter et à résoudre une affaire qu'il aurait pourtant dû étouffer, smiley se retrouve face à son ennemi de toujours karla.
    Mais l'issue du combat entre les deux espions est encore incertaine. pour vaincre, smiley va devoir employer des méthodes qui vont à l'encontre de ses principes, celles-là mêmes qu'employait son adversaire...
    On retrouve ici les ingrédients familiers aux lecteurs de le carré : la tension qui vous dessèche la bouche, le perpétuel sens du paradoxe. et, surtout dans ce troisième volet de la " trilogie de karla ", ce sens de l'humour, cette humanité, cette compassion pour ce que le carré appelle la " condition ambiguë de l'agent secret ", pour ces gens de smiley, ces soutiers de l'espionnage, ces défenseurs acharnés de causes éternellement perdues.

    Le mot du lecteur

    Peu familier des romans d’espionnage, je pense que je suis tombé sur le maître de la catégorie ! L’univers qui y est décrit , compliqué à souhait, reflète bien les rouages de cette mécanique de précision, souvent implacable, mais dans laquelle l’humain apparaît aussi. La lecture ne m’a pas parue facile, car, une pièce du puzzle est vite égarée et compromet la compréhension de l’ensemble. Du grand art à consommer avec une vigilance constante pour en apprécier la valeur!

    Frédéric

  • Un chaman de Sibérie trouve sous le permafrost la sépulture d'une reine datant de plus de dix mille ans. Stupéfaction : le corps momifié par les glaces a la peau noire. Décidé à utiliser sa découverte pour protéger un territoire menacé par l'exploitation gazière, le chaman contacte un ami scientifique français dans l'espoir qu'il mobilisera les écologistes du monde entier. Celui-ci monte une discrète expédition avec une docteure germano-japonaise et un ethnologue congolais. Deux mafieux qui tiennent à leurs projets industriels les attendent de pied ferme...
    On retrouve l'enthousiasme de Wilfried N'Sondé dans un roman d'aventures haletant qui parle d'écologie, d'harmonie avec le vivant, de partage entre les peuples et de communication entre mondes visible et invisible.

    Le mot du libraire

    Suite à un glissement de terrain, le chaman Noum des peuples de Sibérie découvre la momie d’une reine à la peau noire. Il avertit aussitôt Laurent Joubert, zoologue français et ce dernier monte une discrète expédition, aidé par une docteure en médecine légale et un anthropologue. Mais cette découverte n’arrange pas du tout le mafieux Serguei qui entend bien les empêcher de révéler leur découverte. 6 personnages dont les motivations se rencontrent autour d’une momie, 6 personnages aux origines toutes différentes mais qui se retrouvent dans un panthéisme universel, guidés par une morte aux voies impénétrables. A travers un jeu de caractères, N’Sondé interroge notre rapport au monde et à ses mystères, celui que nous n’écoutons plus dans nos sociétes « civilisées » trop sûres de leur bon droit.

    Laure

  • "On peut supposer, se dit Lala, qu'un homme n'est pas vraiment méchant quand la nature elle-même ne juge jamais bon de le punir." Lala vit chichement dans un cabanon de plage de la Barbade avec Adan, un mari abusif. Quand un de ses cambriolages dans une villa luxueuse dérape, deux vies de femmes s'effondrent. Celle de la veuve du propriétaire blanc qu'il tue, une insulaire partie de rien. Et celle de Lala, victime collatérale de la violence croissante d'Adan qui craint de finir en prison. Comment ces deux femmes que tout oppose, mais que le drame relie, vont-elles pouvoir se reconstruire ?

    Derrière des paysages caribéens idylliques, un intense et poignant portrait de femmes blessées depuis des générations. Renversant de grâce et d'émotions à vif, Et d'un seul bras, la soeur balaie sa maison est un premier roman déchirant qui prouve que l'héritage des traumatismes est tenace, mais pas toujours irrémédiable.

    Le mot du lecteur

    Adan ne vit que de l’argent résultant de ses cambriolages. Mais un jour, il entend la sonnette de l’entrée et dans un moment de panique tue le propriétaire. La vie de deux femmes va s’effondrer : Mira l’épouse de l’homme assassiné, femme des Caraïbes partie de rien qui avait épousé un homme blanc très riche, et Lala l’épouse de Adan qui était déjà un mari violent mais le devient encore davantage et même pervers. Dans ce livre très poignant l’auteur laisse entrevoir, à travers de belles pages sur les Caraïbes, une petite possibilité que l’héritage de pauvreté et de traumatismes subis depuis des générations ne soit pas irrémédiable.

    Evelyne

  • "Un éclair découpa l'horizon, suivi de sa morsure sonore, et une goutte tomba, grosse comme un doigt - et le grand délire commença." Au seuil des Corbières, les Testasecca habitent un château fort fabuleux, fait d'une multitude anarchique de tourelles, de coursives, de chemins de ronde et de passages dérobés.
    Clémence, dix-sept ans, bricoleuse de génie, rafistole le domaine au volant de son fidèle tracteur ; Pierre, quinze ans, hypersensible, braconne dans les hauts plateaux ; Léon, le père, vigneron lyrique et bagarreur, voit ses pouvoirs décroître à mesure que la vieillesse le prend ; Diane, la mère, essaie tant bien que mal de gérer la propriété.

    Ruinés, ils sont menacés d'expulsion. Et la nature autour devient folle : des hordes de chevreuils désorientés ravagent les cultures. Frondeurs et orgueilleux, les Testasecca décident de défendre coûte que coûte le château.

    Dans cette épopée baroque et tragique où on retrouve toute sa puissance romanesque, Guillaume Sire érige une mythologie sur la terre de son enfance.

    Le mot du lecteur

    Les Testasecca habitent un château fort extraordinaire mais proche de s’écrouler dans les Corbières dans lequel il faut sans cesse réparer, colmater ... mais ils sont ruinés, alors chacun tente de faire face à tous les problèmes. Ils vont essayer de défendre leur château coûte que coûte contre la menace d’expulsion. Guillaume Sire nous offre un livre à la fois romanesque, tragique et chaleureux.

    Evelyne

  • « Le temps ne va pas dans une direction donnée. Il s'accumule, c'est tout - dans le corps, dans le monde -, comme le bois. Couche après couche. Claire, puis sombre. Chacune reposant sur la précédente, impossible sans celle d'avant. Chaque triomphe, chaque désastre inscrit pour toujours dans sa structure. ».
    D'un futur proche aux années 1930, Michael Christie bâtit, à la manière d'un architecte, la généalogie d'une famille au destin assombri par les secrets et intimement lié à celui des forêts.
    20382038. Les vagues épidémiques du Grand Dépérissement ont décimé tous les arbres et transformé la planète en désert de poussière. L'un des derniers refuges est une île boisée au large de la Colombie-Britannique, qui accueille des touristes fortunés venus admirer l'ultime forêt primaire. Jacinda y travaille comme de guide, sans véritable espoir d'un avenir meilleur. Jusqu'au jour où un ami lui apprend qu'elle serait la descendante de Harris Greenwood, un magnat du bois à la réputation sulfureuse. Commence alors un récit foisonnant et protéiforme dont les ramifications insoupçonnées font écho aux événements, aux drames et aux bouleversements qui ont façonné notre monde. Que nous restera-t-il lorsque le dernier arbre aura été abattu ?
    Fresque familiale, roman social et écologique, ce livre aussi impressionnant qu'original fait de son auteur l'un des écrivains canadiens les plus talentueux de sa génération.

    Le mot du libraire

    Lorsque le dernier arbre de Michael Christie : Dans un monde apocalyptique, où les derniers arbres sont réduits à quelques forêts primaires, Jacinda, autrement appelée Jack, est guide sur l’île de Greenwood pour des touristes fortunés venus observer les derniers arbres. Quand elle découvre ses origines familiales, le roman devient une fresque familiale protéiforme dans laquelle les ramifications entre les personnages s’entremêlent à la manière des racines entre les arbres d’une forêt. Parcourant un siècle de 1934 à 2038, Michael Christie nous offre une plongée dans un Canada tantôt richissime tantôt déclassé et explore les failles familiales qui se lèguent d’une génération à l’autre.

    Laure

  • Trio

    William Boyd

    Dans la station balnéaire de Brighton, indifférents au tumulte du monde en cet été 1968, trois personnages sont réunis pour les besoins d'un film dans l'esprit des « Swingin' Sixties ». Tous ont une double vie.

    Talbot Kydd, producteur chevronné, affronte les embûches du tournage (réécritures du scénario, erreurs de casting, défection de l'actrice principale) et se demande comment faire son coming out. Anny Viklund, jeune beauté américaine à la vie amoureuse chaotique voit réapparaître son ex-mari, terroriste en cavale, et suscite l'intérêt de la CIA. Quant à l'épouse délaissée du metteur en scène, Elfrida Wing, autrefois saluée comme « la nouvelle Virginia Woolf » avec son premier roman, elle combat sa panne d'écrivain à grand renfort de gin tonic.

    À travers ces trois êtres désemparés et attachants, Boyd nous entraîne dans les coulisses de la duplicité et de la simulation, là où se trame le scénario de nos vies secrètes au détriment des apparences. Il nous livre un récit tendre et jubilatoire, qui restitue avec brio l'esprit d'une époque.

    Le mot du lecteur

    On tourne un film en 1968 dans la station balnéaire de Brighton et le « trio » est constitué par le producteur Talbot, la jeune actrice américaine Anny et la femme délaissée du metteur en scène Elfrida. Le film et son sujet sont accessoires, l’intérêt de la narration réside dans les innombrables péripéties qui en jalonnent le tournage et affectent les protagonistes dans leur vie. Construit comme un vaudeville virevoltant les personnages principaux et tous les autres sont attachants, particulièrement bien campés et nous offrent une cohabitation agréable le temps de la lecture de leur aventure.

    Frédéric

  • Dans l'Irak rural d'aujourd'hui, alors que des combats sévissent, la narratrice a, en cachette, une relation amoureuse avec Mohammed. Celui-ci meurt sous les obus, elle est enceinte. Destin inéluctable : elle sera tuée par Amir, le frère aîné, dépositaire de l'autorité masculine depuis le décès du père. Un crime pour laver l'honneur de la famille, laquelle approuve en pleurs et en silence : la belle-soeur, épouse soumise ; le jeune Hassan qui aimerait fuir le pays ; la mère qui a bâti pour ses filles la même prison que pour elle ; Ali, tolérant mais lâche ; et la petite soeur, Layla, celle pour qui on tue, afin que cela serve d'exemple.
    Résonnent en contrepoint la présence tutélaire de Gilgamesh et la poésie du Tigre, fleuve qui porte en lui la mémoire du pays et la perdition des hommes.

    Le mot du lecteur

    Dans un récit très fort et court, récompensé par le prix Goncourt d’un premier roman, l’auteure nous raconte les états d’âme des différents membres d’un famille rurale de l’Irak du sud à propos du drame d’honneur qui va bientôt les toucher. Tomber enceinte hors mariage, quelles qu’en soient les circonstances est une condamnation à une mort certaine dont l’inéluctabilité rôde à chaque page du roman. Le déploiement majestueux du tigre offre une respiration entre les différents témoignages et les renforcent. Dans une superbe écriture sobre et poétique, Emilienne Malfatto nous fait réfléchir à la puissance des traditions qui règnent encore un peu partout dans le monde.

    Frédéric

  • L'officier Denny Rakestraw et les « officiers nègres » Lucius Boggs et Tommy Smith ont du pain sur la planche dans un Atlanta surpeuplé et en pleine mutation. Nous sommes en 1950 et les tensions raciales sont légion alors que des familles noires, y compris la soeur de Smith, commencent à s'installer dans des quartiers autrefois entièrement blancs. Lorsque le beau-frère de Rake lance un projet visant à rallier le Ku Klux Klan à la « sauvegarde » de son quartier, les conséquences deviennent incontrôlables, forçant Rake à choisir entre la loyauté envers sa famille et la loi. Parallèlement, Boggs et Smith tentent d'arrêter l'approvisionnement en drogues sur leur territoire, se retrouvant face à des ennemis plus puissants que prévu : flics et ex-détenus corrompus, chemises noires nazies et voyous du Klan.

    Le mot du lecteur

    Atlanta dans les années 1950, la ségrégation raciale bat son plein et une expérience correctrice courageuse consiste en la création d’un groupe de policiers noirs chargés de veiller à la sécurité de Handfork Park, quartier de banlieue où emménagent de plus en plus de noirs, au grand dam de la population blanche. Lucius Boggs, Tommy Smith, deux policiers noirs et Dennis Rakestraw policier blanc acceptant de collaborer avec eux doivent opérer dans des conditions difficiles, car leurs prérogatives sont inférieures à celles des policiers blancs avec lesquels ils doivent cohabiter. Leur tâche les entraînent dans des aventures où ils ont affaire avec la corruption, la drogue et le Ku Klux Klan. Dans une narration palpitante, l’auteur illustre de façon convaincante un contexte social et historique qui malheureusement n’évolue que très lentement.

    Frédéric

  • A quoi ressemble une vie ?

    Pour la narratrice, à une déclaration d'amour entre deux enfants de quatre ans, pendant une classe de musique.

    Ou à leur rencontre en plein hiver, quarante ans plus tard, dans une rue de Paris.

    On pourrait aussi évoquer un rock'n'roll acrobatique, la mort d'une mère, une exposition d'art contemporain, un mariage pour rire, une journée d'été à la campagne ou la vie secrète d'un gigolo.

    Ces scènes - et bien d'autres encore - sont les images où viennent s'inscrire les moments d'une existence qui, sans eux, serait irrévocablement vouée à l'oubli.

    Car tout ce qui n'est pas écrit disparaît.

    Conjurer l'oubli : tel nous apparaît l'un des sens de ce roman animé d'une extraordinaire vitalité, alternant chutes et rebonds, effondrements et triomphes, mélancolie et exaltation.

    Oeuvre majeure d'une romancière passionnée par l'invention des formes, L'Eternel Fiancé confirme son exceptionnel talent : celui d'une auteure qui a juré de nous émerveiller - et de nous inquiéter - en proposant à notre regard un monde en perpétuel désaccord.

    Le mot du lecteur

    Encadrée, par une sœur aînée, Lise et une sœur cadette Dora, la narratrice enfant a une vie heureuse dans un univers musical coaché par la très exigeante Lise. Une fugace déclaration d’amour enfantine de la part du jeune Etienne constitue le fil conducteur de ce roman tourmenté par le départ de la mère du foyer et par les différentes aventures amoureuses de l’héroïne. Entre conte de fée et réalité crue, et malgré les nombreuses références musicales agréables, la belle écriture de l’auteure ne parvient pas à fournir un ensemble homogène pouvant séduire le lecteur.

    Frédéric

  • "Depuis qu'il menait la plus grande partie de sa vie ici dans le Dessous, dans sa Chapelle, des rencontres, il en avait fait de tous les acabits. Mais ceux-là, c'était autre chose." La pluie de novembre fait déborder la Seine. Rien qui empêche Mikelangelo, admirable faussaire et grand peintre ignoré, d'achever le ciel de sa fresque: sa grande oeuvre accomplie trente mètres sous la colline de Passy et du Trocadéro.

    Mais hasard et destin mettent sur son chemin un gamin, Hakim, et cinq girls, Maalu, Nadira, Sila, Antoinette, Lovette, égarées dans le ventre de Paris. En route pour la mythique Youké, elles cherchent une tanière pour se protéger de la pluie, du froid et des faiseurs-de-putes.
    Voilà qui rappelle bien des choses à Mikelangelo. Voilà que soudain, dans son royaume labyrinthique du Dessous, il a une autre grande oeuvre à accomplir : offrir à ces errants une pincée de jours légers. Et, qui sait, peut-être même leur donner la force d'atteindre cette Youké de leurs rêves....

    Le mot du libraire

    Cette folie de rêves, c'est celle qui habite la petite troupe de personnages de ce beau roman : Le rêve de Mikelangelo qui peint une fresque dans les souterrains parisiens, le rêve de Maalu, Nadira, Sila, Antoinette et Lovette qui fuient un passé trop difficile à porter, et celui d’Hakim, jeune gamin solaire, pris d’une soudaine affection pour les rats de Paris. Fuyant les services sociaux et les « faiseurs-de-putes », les filles pénètrent par hasard le mode clos de Mikelangelo et leurs rêves de jeunesse deviennent autant d’étoiles éclairant la fresque inachevée du peintre. Un roman solaire sur les rêves de l’immigration, qui éclaire les souterrains de Paris et se révèle une ode au peuple mal-aimé de la capitale : les rats.

    Laure

  • Sidérations

    Richard Powers

    Dans une Amérique au bord du chaos politique et climatique, un père embarque son jeune fils souffrant de troubles du comportement dans une sidérante expérience neuroscientifique. Richard Powers signe un nouveau grand roman questionnant notre place dans le monde et nous amenant à reconsidérer nos liens avec le vivant.

    Le mot du libraire

    Théo Byrne élève seul son enfant après la mort de sa femme. Mais le petit Robin est sujet à des crises de colère et ne s’adapte pas à l’école. Astrobiologiste, Théo initie son fils à la beauté du monde qui l’entoure et à l’infinité des possibles qui nous entourent. Aussi quand l’école l’intime de « traiter » son enfant, il se tourne vers une technique expérimentale qui pourrait permettre à Robin de maîtriser enfin ses émotions. Comme toujours, les romans de Richard Powers foisonnent de thématiques : Tout en nous révélant la poésie des mondes en devenir, il reprend une idée qui lui est chère : l’urgence climatique, et la mêle habilement à un sentiment plus mélancolique engendré par la perte de l’être aimé. Le couple père/fils devient alors un tendre satellite tournant éternellement autour de l’astre éteint de la mère.

    Laure

  • Le mot du libraire

    Aventure et espionnage sous le second empire ! François Le roy, inspecteur de police au service du ministre de l’intérieur, doit retrouver un anglais disparu et surtout les documents qu’il transporte ! Mais la côte bretonne recèle bien des surprises et il n’est pas le seul à chercher. Si vous aimez les aventures de Nicolas Le Floch, celles de François Le Roy, un siècle plus tard devraient vous mettre aussi en joie. Passant d’auberge en presbytère, de couvent en demeure maudite, François nous entraîne à sa suite dans un périple aux multiples rebondissements.

    Laure

  • Un an après le décès de leur père, Lawton et Hunter entreprennent de descendre l'Altamaha River en kayak pour disperser ses cendres dans l'océan. C'est sur ce fleuve de Géorgie, et dans des circonstances troublantes, que cet homme ténébreux et secret a perdu la vie, et son aîné compte bien éclaircir les causes de sa mort.Il faut dire que l'Altamaha River n'est pas un cours d'eau comme les autres : nombreuses sont ses légendes. On raconte notamment que c'est sur ses berges qu'aurait été établi l'un des premiers forts européens du continent au XVIe siècle, et qu'une créature mystérieuse vivrait tapie au fond de son lit. Remontant le cours du temps et du fleuve, l'auteur retrace le périple des deux frères et le destin de Jacques Le Moyne de Morgues, dessinateur et cartographe du roi de France Charles IX, qui prit part à l'expédition de 1564 au coeur de cette région mythique du Nouveau Monde. De cette passionnante épopée se dégagent une grâce et une intensité qui imposent Taylor Brown comme un digne héritier de Cormac McCarthy et de Ron Rash.

    Le mot du libraire

    Le fleuve Altama est un fleuve de l’état de Géorgie aux Etats-unis que la légende soupçonne d’abriter un monstre mythique et secret. Principal personnage de ce roman, il sert d’écrin à deux récits distincts : celui de Jacques Le Moyne envoyé par le roi Français en 1564 cartographier ce nouveau monde qu’on appelle « Nouvelle-France » à partir de l’embouchure du fleuve ; et celui de deux frères, 4 siècles plus tard, réunis par la mort de leur père, qui descendent le fleuve en canoé pour jeter ses cendres dans la mer. Deux expéditions bien différentes mais qui résonnent l’une avec l’autre, chaque personnage étant à la recherche de richesses, de réponses, de soi-même et se retrouvant minuscule face à un fleuve millénaire aux lois immuables et sauvages.

    Laure

  • Le mot du libraire

    Un manoir juché au-dessus de l’océan, et les filles de la maison qui meurent une à une. Pourtant la jeune Annaleigh refuse de se laisser abattre par le malheur et cherche à comprendre quelles forces se jouent autour de son duché. Et quand elle découvre une porte secrète qui ouvre sur un royaume caché…. Un beau mélange de fantasy et de roman gothique, à l’atmosphère vénéneuse et envoûtante, qui nous rappelle les ambiances des romans de Daphné du Maurier.

    Laure

  • Relizane, pendant la guerre d'Algérie. Lorsqu'en pleine nuit, on frappe à la porte, Marcel, le grand-père d'Olivia Elkaim, craint pour sa vie et celles de sa femme et de leurs deux enfants. On lui enfile une cagoule sur la tête, il est jeté dans un camion et emmené dans le désert. Va-t-il être condamné à mort ou gracié ? Il revient sain et sauf à Relizane trois jours plus tard, et ses proches se demandent quel est le secret de ce sauf-conduit. A quoi a-t-il collaboré ? Quels gages a-t-il donné et à qui ? Viviane, son épouse, ses frères, sa mère, ses voisins, tous questionnent le tailleur juif. Mais il garde le silence. Quand un jeune apprenti arabe se présente devant son échoppe, Marcel comprend que tôt ou tard, il lui faudra quitter son pays natal.

    Après ce début d'une folle intensité romanesque, Olivia Elkaim retrace l'histoire de sa famille, l'exil des siens, leur arrachement à cette terre africaine, et leur fuite chaotique vers une France où rien ne les attend - ni confort, ni sympathie, ni même aucune aide administrative.

    Ces valeureux que le soleil caressait il y a peu, deviennent des réprouvés qui ne connaîtront que l'ombre d'une cave humide à Angers. Les grands-parents d'Olivia Elkaim, Viviane et Marcel, sont deux magnifiques personnages, entre Albert Cohen et Anna Magnani, qui ne cesseront de rêver d'échapper à cette triste France.

    Au-delà de tout ce que nous savons du retour d'une famille pied-noire en métropole, au-delà du drame humain, familial, politique, souvent commenté par les historiens, Olivia Elkaim explore sa part algérienne, juive, lyrique, à la fois enchantée et hantée, que son père Pierre avait tenté en vain de lui transmettre.
    Par ce livre qui rend hommage à ses ancêtres, et à travers la photographie jaunie d'une grand-tante, retrouvée par hasard dans le cimetière juif de Relizane, elle se révèle aussi à elle-même.

    Le mot du lecteur

    L’auteure nous raconte l’histoire de ses grands parents Marcel et Viviane vivant en Algérie à Relizane dans les années 1950-1960. Juifs et Français, ils se trouvent dans cette période historique délicate où l’appartenance à une communauté, quelle qu’elle soit peut représenter un danger vital. La renommée du tailleur Marcel déclenche une situation ambiguë où être embarqué par le FLN et revenir vivant dans sa famille interroge. Au travers de cette histoire personnelle, c’est l’histoire de tous les pieds noirs très mal accueillis en France qui nous est contée. Bien incarnés sur quatre générations par une plume alerte, les personnages nous font vivre avec beaucoup d’émotion cette période difficile.

    Frédéric

  • « J'ai appris à connaître toutes les pierres de la rivière. J'ai compris que ces pierres n'ont pas besoin d'apprendre à me connaître ; que la nature n'a pas besoin de moi. Que moi seule ai besoin d'elle. » Rien ne destinait Sabrina à une carrière artistique. Élevée par une mère fragile dans un milieu modeste, elle a peu de perspectives d'avenir. Jusqu'au jour où, lors de la visite scolaire du musée Rodin, elle découvre sa vocation : elle consacrera sa vie à l'art. Dès lors, Sabrina se voue totalement à ce projet. La précarité étudiante est vite compensée par les amitiés fortes et la richesse des recherches artistiques. Mais les soubresauts de sa vie amoureuse et les bouleversements d'un monde dont l'effondrement semble inéluctable ne tardent pas à infléchir sa trajectoire.
    À travers le destin d'une artiste contemporaine, Katrina Kalda interroge la place de l'art dans un univers en crise. Son écriture, harmonieuse et assurée, soutient ce roman plein d'émotions.

    Le mot du lecteur

    Sabrina, jeune habitante d’une région défavorisée du nord de la France traverse un adolescence difficile entre une mère alcoolique et un lycée où les autres élèves bourgeois ne lui ressemblent pas, mais qu’elle a choisi pour l’option artistique qu’il offre. Un goût qui s’affirme avec des études aux beaux arts lui font découvrir un milieu qui l’adopte et dans lequel elle va évoluer. L’art et la vie, l’art ou la vie, ces questions se posent à elle avec la rencontre de Vassil, écolo chaman et collapsologue qui la fait douter et prendre conscience de ce qui est vraiment important. Beau roman bien écrit, qui pose des bonnes questions, mais qui n’engendre pas un optimisme béat !

    Frédéric

  • Le mot du lecteur

    André Manoukian nous propose un grand voyage dans le temps et l’espace autour de la musique avec la gourmandise qu’on lui connaît et cela offre au lecteur une grande bouffée d’oxygène sur une universalité souvent ignorée. Son talent de conteur s’appuie sur de nombreuses anecdotes pleines d’humour et de facétie. Elles nous font découvrir un monde inconnu dans lequel, les vrais musiciens apprécieront sûrement encore plus les détails qui les concernent. Les spéculations sur la musique des hommes préhistoriques et du cosmos, moins crédibles apportent cependant une interprétation fantasmée sympathique.

    Frédéric

  • Alors qu'il pense pouvoir couler des jours heureux à Paris, en attendant une nouvelle affectation dans un pays qu'il espère le moins chaud et désertique possible, Aurel Timescu reçoit la visite d'un émissaire du Starkenbach, un micro-état européen niché dans les Alpes. Le Prince a entendu parler de ses talents d'enquêteur et compte sur son aide dans une troublante affaire de disparition: la disparue n'est autre que la princesse du Starkenbach elle-même, souveraine en titre de la principauté. Sans monarque, le petit Etat court à sa perte; Aurel est l'ultime recours d'un prince consort aux abois. Assuré de mener son enquête dans des conditions des plus confortables, il se lance dans une traque à rebondissements qui le mènera du petit paradis fiscal jusqu'en Corse, en passant par Paris. Loin des contrées exotiques dont il est coutumier, mais aidé cette fois par une acolyte aussi téméraire que passionnée, le Consul Timescu confirme, s'il le fallait, qu'il est meilleur détective que diplomate.

    Le mot du lecteur

    Un nouvel épisode des aventures d’Aurel Timescu dans la principauté de Starkenbach et dont la mission consiste a retrouver la princesse Hilda qui a disparu. On retrouve avec plaisir ce quinquagénaire original, fidèle à ses tenues vestimentaires approximatives, son addiction au tokay bien frais et son goût pour la pratique du piano. Une ambiance de bande dessinée avec quelques personnages bien campés, comme le prince Rupert et Shayna la réfugiée syrienne confidente de la princesse complète le décor de cette histoire abracadabrantesque qui se lit avec plaisir grâce à la plume facétieuse de l’auteur, qui sans forcer son talent rafle encore une fois la mise ! Un bémol toutefois : le langage de Shayna qui ne parle pas très bien le français rappelle un peu trop celui prêté péjorativement à l’africain. Peut-être faut-il y voir un humour au second degré que, pour ma part je n’ai pas perçu.

    Frédéric

  • "Il ne s'agissait pas de choisir entre rêver sa vie et la vivre, il fallait faire les deux." Traductrice, Emma habite un petit appartement avec Quentin, son fils de quatorze ans.
    Lasse de traduire des bluettes sans intérêt, elle rêve d'écrire un grand roman. Au lieu de quoi, elle est contrainte d'accepter une mission de conseil chez Kiwi, un géant du web qui veut développer un logiciel de traduction infaillible. Mais participer à cette entreprise, n'est-ce pas contribuer à rendre son métier inutile ?
    Tandis qu'Emma se débat dans ses contradictions, Quentin, lui, vit des aventures extraordinaires dans les jeux vidéo et s'imagine en gameur de génie. Jusqu'au jour où il est contacté par une mystérieuse organisation qui veut s'attaquer à Kiwi.
    Plongés chacun dans leur réalité, au risque de s'éloigner, mère et fils vont se retrouver réunis dans la «vraie vie» par des enjeux qui les dépassent...

    Mêlant savamment fiction et réalité, Camille de Peretti convie ses lecteurs à un voyage ludique, qui questionne la puissance de l'imaginaire, du rêve et finalement de la littérature.

    Le mot du lecteur

    Emma, la quarantaine vit seule avec son fils Quentin de 14 ans. Elle a été elle-même élevée seule par sa mère Martine et l’absence du père se perpétue. Son travail de traductrice free-lance la nourrit mais ne la satisfait pas pleinement, elle se verrait bien écrivaine à part entière. Quentin, solitaire, passe son temps avec des jeux vidéos au détriment de sa scolarité de collégien et sa relation d’adolescent avec sa mère est souvent conflictuelle. Leurs deux solitudes les conduisent vers des mondes virtuels peuplés de rêves s’entremêlant avec la réalité et offrent à l’auteure l’occasion d’une critique acerbe de l’évolution de nos modes de vie. Très beau roman à découvrir.

    Frédéric

  • Dans la chaleur exaltante de l'été 1977, la jeune Calista quitte sa Grèce natale pour découvrir le monde. Sac au dos, elle traverse les États-Unis et se retrouve à Los Angeles, où elle fait une rencontre qui bouleversera sa vie : par le plus grand des hasards, la voici à la table du célèbre cinéaste hollywoodien Billy Wilder, dont elle ne connaît absolument rien. Quelques mois plus tard, sur une île grecque transformée en plateau de cinéma, elle retrouve le réalisateur et devient son interprète le temps d'un fol été, sur le tournage de son avant-dernier film, Fedora. Tandis que la jeune femme s'enivre de cette nouvelle aventure dans les coulisses du septième art, Billy Wilder vit ce tournage comme son chant du cygne. Conscient que sa gloire commence à se faner, rejeté par les studios américains et réalisant un film auquel peu de personnes croient vraiment, il entraîne Calista sur la piste de son passé, au coeur de ses souvenirs familiaux les plus sombres.
    Roman de formation touchant et portrait intime d'une des figures les plus emblématiques du cinéma, Billy Wilder et moi reconstitue avec une fascinante précision l'atmosphère d'une époque. Jonathan Coe raconte avec tendresse, humour et nostalgie les dernières années de carrière d'une icône, et nous offre une histoire irrésistible sur le temps qui passe, la célébrité, la famille et le poids du passé.

    Le mot du lecteur

    2013,Calista, une quinquagénaire grecque voit ses deux filles adultes quitter le Giron familial et se souvient de son passé de jeune baroudeuse partie sac au dos pour parcourir les États-Unis en 1977. Un hasard bienheureux lui fait rencontrer le cinéaste Billy Wilder et son scénariste Diamond. Elle se fait embaucher comme assistante sur le tournage en Grèce et en Europe, de « Fedora », le dernier film du cinéaste. Elle nous raconte sa découverte de l’œuvre et de la vie de Billy Wilder de façon très documentée, avec beaucoup d’humour et au travers d’anecdotes savoureuses qui raviront tous les lecteurs. Encore une très belle réussite de Jonathan Coe qui confirme son grand talent littéraire.

    Frédéric

  • Paul, psychologue et écrivain, donne régulièrement des conférences au sujet du deuil dont il s'est fait une spécialité, jusqu'à ce que la mort se manifeste à lui sous la forme d'un arrêt cardiaque. Rien de grave : une pile viendra suppléer à l'organe déficient, mais ce bref séjour au royaume des ombres ne lui épargne pas le vrai drame, celui qui guette en réalité sa femme Irène :
    « Est-il écrit que nous devons tous mourir d'une blessure d'enfance dont nous n'avons pas su guérir et qui, sans cesse prête à se réveiller, dort d'un sommeil de chat au plus profond de nos souvenirs » ?
    Tentée plusieurs fois par l'abîme, Irène, après avoir par son amour ramené Paul à la vie, se tue en voiture sur le lieu même qu'avaient choisi ses parents pour précipiter leur véhicule contre un parapet.
    Paul s'enfonce alors dans un deuil pathologique dont rien ne semble pouvoir le soigner. Rien, vraiment ? Un an après la disparition d'Irène, il finit par céder aux sirènes d'un énigmatique inventeur qui prétend avoir trouvé le moyen de permettre aux inconsolables de dialoguer avec leurs chers disparus.
    Et voilà cet esprit rationnel saisi par le vertige de ce que peut offrir la technologie de pointe : le coeur artificiel de Paul se remet à battre pour une femme virtuelle, dotée d'une intelligence elle aussi artificielle...

    Le mot du lecteur

    Paul, écrivain et conférencier est marié à Irène et il est soudainement confronté à la maladie et au deuil, dont il parle abondamment dans ses conférences. La réalité du deuil qui le frappe le transforme et, après y avoir résisté longtemps, il cède aux sirènes d’un marchand qui vend du virtuel en faisant revivre le défunt aimé. Très beau sujet abordé avec beaucoup de sensibilité et d’imagination.

    Frédéric

  • Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents.
    Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas. Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.
    Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l'oeuvre dans nos vies.

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    Le mot du lecteur

    Un adolescent découvre un secret de famille, longtemps caché par ses parents, Maxime et Tania dans la période difficile de la seconde guerre mondiale et de la collaboration vichyssoise avec l’ennemi et la traque des juifs. Petit garçon, l’auteur s’invente un grand frère. Prémonition, divination ? Une histoire poignante racontée avec beaucoup de pudeur et de délicatesse.

    Frédéric

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